Étudier le financement et la logistique des croisades revient à s’intéresser aux moyens dont disposent les puissances civiles et ecclésiastiques, au Moyen Âge, pour venir à bout d’une entreprise complexe, qui doit être portée dans la durée et en concertation avec des partenaires qui souvent, sur d’autres terrains, sont concurrents, voire ennemis. D’une certaine manière, parce qu’elle touche à la question des finances royales ou pontificales et à celle des moyens militaires, terrestres et maritimes dont disposent les princes et les cités, la problématique du présent volume n’est pas sans rapport avec celle, ô combien féconde depuis plus d’une trentaine d’années, de la genèse de l’État « moderne ». Mais l’ouvrage en donne un aperçu en grande partie inédit. À travers une série de cas choisis dans toute l’Europe, les auteurs s’attachent à analyser la mise en oeuvre pratique de l’esprit pragmatique et de la pensée administrative qui habitent les entrepreneurs de croisade à la fin du Moyen Âge. Il s’agit d’une réhabilitation : l’historiographie traditionnelle a souvent considéré les croisades tardives comme de simples rêveries passéistes ou comme des leurres destinés à influencer le cours des discussions diplomatiques entre souverains chrétiens. En dépit des tentatives avortées et de quelques sanglants échecs, elles appellent un tout autre jugement et une reconsidération : les contributions réunies ici témoignent des limites mais aussi de l’ambition des opérations déployées, à la fin du Moyen Âge, au nom de la défense de la chrétienté.

Alfonso II d’Este alla campagna in Ungheria (1566). Spese di guerra, spese di rappresentanza

Provasi M
2015

Abstract

Étudier le financement et la logistique des croisades revient à s’intéresser aux moyens dont disposent les puissances civiles et ecclésiastiques, au Moyen Âge, pour venir à bout d’une entreprise complexe, qui doit être portée dans la durée et en concertation avec des partenaires qui souvent, sur d’autres terrains, sont concurrents, voire ennemis. D’une certaine manière, parce qu’elle touche à la question des finances royales ou pontificales et à celle des moyens militaires, terrestres et maritimes dont disposent les princes et les cités, la problématique du présent volume n’est pas sans rapport avec celle, ô combien féconde depuis plus d’une trentaine d’années, de la genèse de l’État « moderne ». Mais l’ouvrage en donne un aperçu en grande partie inédit. À travers une série de cas choisis dans toute l’Europe, les auteurs s’attachent à analyser la mise en oeuvre pratique de l’esprit pragmatique et de la pensée administrative qui habitent les entrepreneurs de croisade à la fin du Moyen Âge. Il s’agit d’une réhabilitation : l’historiographie traditionnelle a souvent considéré les croisades tardives comme de simples rêveries passéistes ou comme des leurres destinés à influencer le cours des discussions diplomatiques entre souverains chrétiens. En dépit des tentatives avortées et de quelques sanglants échecs, elles appellent un tout autre jugement et une reconsidération : les contributions réunies ici témoignent des limites mais aussi de l’ambition des opérations déployées, à la fin du Moyen Âge, au nom de la défense de la chrétienté.
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